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 L'agenda manqué

 

 C'est une sale histoire. Au départ, en tout cas, cela semblait être un excellent compromis puisqu'après tout ce genre de traité aurait très bien pu fonctionner dans le meilleur des mondes. Et puis, au fur et à mesure que le temps avance, cela devient comme une évidence. D'autant qu'il y a assez d'indices pour comprendre que cela ne fonctionnera pas. Comme une fatalité au bas de cet accord de Vienne qui scella son sort en ce 14 juillet 2015. Après, certains pourront toujours réécrire l'histoire à leur façon. Mais, de désaccord en embargo, d'arraisonnement en arrestation, chacun joue sa partie à la virgule près pour une pression maximale à une résistance illimitée.

 En effet, l'actualité nous rappelle chaque jour que les tensions entre les États-Unis et l'Iran sont les fruits d'un rendez-vous historique complètement gâché. Au lieu de réussir à s'entendre depuis le début, certains préfèrent s'occuper à échaffauder des plans compliqués pour porter préjudice à autrui. Entre Washington et Téhéran, l'envie d'en découdre est une évidence. Encore faut-il tout faire pour amener l'autre à la faute afin de sauver la face. Il est impossible d'attaquer le premier. Alors, tous les moyens sont bons pour nuire, amoindrir, falsifier, corrompre, détruire, ainsi soit-il. Chacun ses armes, sa stratégie, l'un visera l'économie et le théâtre médiatique, l'autre avec des moyens moindres usera des principes de la peur, et le spectre d'un affrontement nucléaire. N'allons pas croire que l'un est meilleur que l'autre. Les États-Unis traînent un passé peu glorieux en matière de plans sulfureux engendrant chaos et désolation; son adversaire du moment entre milices armées et conflits illégitimes n'est pas non plus un ange en la matière. A l'arrivée, que de temps perdu pour un résultat nul. Les années passent et les lignes de front ne bougent pas. Ce sont toujours les personnes les moins concernées qui sont prises en otage dans l'effroyable étau des ambitions unilatérales. Combien dans la population, de femmes, d'hommes et d'enfants devront perdre la vie pour repaître la bête humaine ? Enfin, dans toute fable, il y a bien souvent une morale. A force d'en découdre, nos deux frères ennemis font le jeu d'autres puissances plus subtiles. Il ne serait pas étonnant que la Chine ou la Russie puisse profiter de l'aubaine. Tellement d'alliés qui sont de faux amis. Après tout, quand les règles sont abolies, il y a toujours plus fort que soi sur l'échiquier international. 

 C'était 1978, ou peut-être 1979, à quelques mois près. En ce temps-là, il n'était pas encore question de prolifération nucléaire ou de clé usb. Certes, les dirigeants passent, sans que pour autant les conseillers changent. Malgré tout, espèrons que la sagesse finisse par l'emporter. Surtout que dans de tels conflits, c'est celui qui a, qui a le plus à perdre. Pour l'Europe, les réponses ne changeront rien à sa fin.

                                                                     

                                                       Thomas Beamonte

 

 

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