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Coupe du Monde féminine de football 2019 : une fête financière

Du 7 juin au 7 juillet 2019, la France accueillera la huitième édition de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Les vingt-quatre pays qualifiés, dont la France en tant que pays hôte, vont se disputer un titre mondial qui n'aura jamais autant soulevé l'intérêt du public et surtout des sponsors. Dans une ambiance cosmopolite, les cinquante-deux rencontres prévues au programme seront l'occasion pour les médias du monde entier de se faire l'écho d'un évènement international qui monte en puissance. En effet, au-delà du sport, les enjeux financiers sont conséquents. C'est l'opportunité parfaite pour créer un nouveau terrain de jeu économique.

 

A l'égal des hommes


Neuf villes ont été retenues pour le sérieux de leur dossier, ce sont les plus beaux écrins des enceintes sportives françaises. En effet, telles les équipes masculines, les équipes féminines pourront jouer dans des stades illustres. Les équipes nationales féminines bénéficieront de ce qu'il y a de mieux en matière d'organisation. Le match d'ouverture est prévu le 7 juin 2019, à Paris, au Parc des Princes dont la capacité est de 49 690 spectateurs. La finale, le 7 juillet, se tiendra au stade de Lyon, pouvant contenir les jours d’affluence 59 286 personnes. La billetterie mise en place depuis le 19 septembre dernier par la fédération sportive internationale du football (FIFA) va pourvoir 1,3 millions de places. Bien souvent vendus sous forme de pack, les précieux sésames sont commercialisés par des moyens identiques aux plus grands clubs professionnels, incluant l'appui local et les capacités marketings. Ainsi, rien n'est laissé au hasard afin de remplir les stades, tant au niveau des prix étudiés à la loupe pour plaire au plus grand nombre, que des moyens publicitaires mis en place pour assurer la réussite de cette opération. Les budgets alloués pour le soutien de la compétition sont dignes des clubs les plus puissants du ballon rond. C’est de l'ordre de 65 millions d'euros, juste du côté de l'organisation française, l'échelle des moyens mis en œuvre souligne que le football féminin a définitivement tourné la page de l'amateurisme.

 

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Parc Olympique lyonnais (ou Groupama Stadium) lieu de la finale dimanche 7 juillet 2019

 

Coup de génie marketing


Directement liée à l'enjeu économique, cette Coupe du Monde a pour vocation de devenir le fer de lance d'un football en quête de nouveaux débouchés. Nous sommes loin dorénavant des premiers balbutiements des années 1970-1980 lors de la première Coppa del Mondo. Peu à peu, les dirigeants de la FIFA ont compris qu'en mettant en place une compétition officielle, réunissant les meilleures sélections féminines mondiales tout les quatre ans, juste après la coupe masculine, il était nécessaires de remplir le calendrier et d'accumuler des profits supplémentaires. Comme dans d'autres sports tels que le tennis ou le basket-ball, les femmes ont une place à prendre qui va bien au-delà du simple argument sportif. Les médias notamment français l'ont compris, puisqu'à l'occasion de l'édition 2019, la première chaîne, en part d'audience, TF1 (en partenariat avec Canal+) diffusera l'intégralité de la compétition. TF1 espère ainsi capter l'engouement populaire, comme ce fut le cas lors de la dernière finale de cette compétition en 2015 qui s’est tenue au Canada, entre les États-Unis et le Japon. A l'époque, les deux pays présents à ce stade de la compétition, eurent des taux d'audience considérables sur leur marché domestique respectif (près de 40 millions de téléspectateurs au cumul). Ces chiffres marquèrent les esprits et contribuèrent à l'intérêt croissant des différents partenaires qui subventionnent la Coupe du monde masculine (plus de dix milliards d'euros lors de l'organisation du mondial 2018 en Russie). Avec la participation des pays les plus riches de la planète tels que les États-Unis, la Chine, l'Allemagne ou le Japon, la FIFA a parfaitement réussi son coup d ‘essai en réunissant, dans la même compétition, des nations dont les moyens de consommation sont gigantesques.

 

 Les sponsors gagnent toujours

La compétition 2019 fait la part belle aux marques et aux diffuseurs puisque le football féminin offre d'autres possibilités en matière de public et donc de consommateurs potentiels que son homologue masculin. En laissant la France organiser la compétition, la FIFA s'est assurée de sa réussite car elle a plusieurs fois fait ses preuves dans un passé récent (Coupe du monde de football 2018, Championnat d'Europe de football 2016). Les grandes entreprises ne peuvent plus laisser passer de pareilles occasions de mettre en valeur leur image tant il est de plus en plus compliqué d'asseoir sa notoriété à travers un évènement planétaire à des coups raisonnables. A l'heure du XXIèmesiècle, le football féminin offre dès à présent aux sponsors les plus puissants un nouveau terrain de chasse. Ces dernières années, cette compétition a tellement renforcée son pouvoir de séduction qu'elle est devenue l'un des évènements les plus marquants de l'année. Tels que de grands groupes de diffusion comme l'américain FOX, l'anglais BBC, de puissants sponsors ont d'ores et déjà pris rendez-vous en signant avec la FIFA des partenariats importants sur plusieurs années. Le football féminin peut ainsi se targuer d'attirer des firmes comme : l'allemand Adidas, les entreprises américaines Coca-Cola Company et Visa, le constructeur automobile coréen Hyundai Motor, la compagnie aérienne Qatar Airways, ou encore le groupe chinois Wanda Group. Autant d'atouts qui seront complétés localement par six sponsors nationaux français dont SNCFEDFCrédit Agricole lesquels moyennant un ticket d'entrée d'un million d'euros pourront participer à la fête en appuyant le comité d'organisation en échange d'un affichage publicitaire à moindre frais, notamment sur des panneaux led des stades.  


Tandis que près de cinq cent joueuses de football vont affluer sur le sol français dès le mois de juin, il est permis de croire que les quelques dix millions de spectateurs attendus à cette occasion feront de la Coupe du monde de football féminin 2019 une réussite commerciale et financière. La visibilité grandissante de ce sport fait que l'on y parle de plus en plus d'argent. Un terrain moins encombré et porteur de valeurs nouvelles, comme les annonceurs l'ont compris en occupant cet espace avec un pragmatisme assumé. 

 

Thomas Beamonte

contact : sportresourcesandco@gmail.com