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Tennis : rien ne va plus ?

Tennis illustration 2

 Au moment où la Coupe Davis, la plus prestigieuse des compétitions internationales annuelles de tennis, n'en finit plus de tenter de se remettre d'une réforme votée en 2018 qui met à mal 118 années de tradition, les joueurs essayent de boucler leur fin de mois du mieux qu'ils peuvent. Derrière Novak Djokovic ou autre Roger Federer, l'envers du décor est devenu presque sordide. C'est toute une génération d'athlètes professionnels qui se retrouve sacrifiée. Et ce n'est pas le scandale des matchs de tennis truqués qui va redorer le blason d'un sport en souffrance.


 

 

 Malgré les chiffres


 

Dans un pays comme la France, le tennis semble en bonne santé. Ainsi, avec près d'un million de licenciés, quasiment deux millions de matchs organisés à travers 19 198 tournois répertoriés, 31 687 courts, 7 650 clubs, les chiffres présentés fin 2018 par la Fédération française de tennis (FFT) ont de quoi faire des envieux. D'autant que les estimations en terme de revenus du premier sport individuel de l'hexagone ne cessent de grimper à 2,5 milliards d'euros pour 18 000 emplois à temps plein. L'Europe n'est pas en reste avec ses six millions de licenciés et des pays phares comme l'Allemagne et le Royaume-Uni. Les États-Unis, 22 millions de pratiquants, premier marché mondial, le Japon, deuxième marché mondial, et sa nouvelle star Naomi Osaka vainqueur à l'US Open de New-York le 8 septembre 2018, première japonaise à remporter un titre du Grand Chelem, et devenant numéro un mondial chez les femmes, marquent l'ancrage durable du tennis dans des pays développés occidentaux à fort potentiel économique. En outre la percée significative de ce sport sur le continent asiatique avec sa réintroduction au programme des Jeux olympiques d'été (Séoul, Corée du Sud - 1988) a ouvert des solutions de croissance qui transforment un peu plus encore le tennis en phénomène de masse mais aussi surprenant que cela puisse paraître ne permet de faire vivre qu'une centaine de joueurs parmi les 3 250 professionnels hommes et femmes classés à la Fédération internationale de tennis (ITF). Tandis que le football, le basket-ball, le golf, le baseball, le football américain ou bien les sports mécaniques offrent des revenus suffisants à bon nombre de champions, le tennis, pourtant quatrième sport mondial en nombre de téléspectateurs (1,2 milliard), peine à maintenir un nombre suffisant de joueurs hors du besoin. 


 

 

 

 L'alternative du mécénat


 

Sur les réseaux sociaux, les témoignages de joueurs privés d'un possible avenir se multiplient. L'ITF vient de lancer une énième réforme qui vise à réduire de façon drastique les professionnels de la petite balle inscrits dans les tournois du "Transition tour 2019" soit 1 500 joueurs. Une façon comme une autre d'écarter les milliers de prétendants qui bénéficiaient d'un système de points leurs permettant d'accéder à des tournois plus huppés en fonction des résultats obtenus dans des compétitions mineures. Ce qui revient à partager les 250 millions d'euros de gains des tournois majeurs au cours d'une saison pour une poignée de nantis. Alors que la concurrence flambe, qu'il faut près de 30 000 euros pour arriver à boucler une saison entre les hôtels et les déplacements sur les cinq continents, qu'un joueur classé 150ème mondial ne gagnera qu'environ 75 000 euros de gains avant impôts, à peine de quoi couvrir les frais d'un entraîneur avec ce qu'il lui restera, la profession fait de plus en plus grise mine. Loin derrière les 68 millions d'euros de Roger Federer accumulés lors de l'exercice 2018 (dont 57 millions de revenus publicitaires - sources Forbes), de talentueux joueurs, parfois véritables stars dans leur pays d'origine, se tournent vers le mécénat ou de nouveaux sponsors qui ont l'opportunité d'être représentés à l'autre bout du monde à moindre frais. Cet investissement de compétences a véritablement gagné ses lettres de noblesse et se développe de plus en plus. Pour les annonceurs ou des individus, cette autre façon de cultiver une image de marque redistribue les cartes. Au delà de l'omniprésence des sponsors classiques dans le tennis tels que RolexPeugeotBNP Paribas, les équipementiers NikeAdidasWilsonBabolat, des entreprises posent leur logo sur le revers des manches des joueurs, au détour d'une casquette, et arrivent à faire le buzz autour d'un évènement, d'une performance, grâce à des athlètes porte-paroles enchantés de parvenir à subventionner leur saison, lesquels ne tarissent pas d'éloge envers des mécènes inespérés. Quoi de plus malin que de décrocher la une d'un média national en s'attachant les services d'un sportif professionnel qui plus est dans un des sports les plus populaires au monde tout cela à moindre frais ?


 

 

 Quand le tennis professionnel va mal, c'est le moment d'en profiter pour rafler la mise et pénétrer par son biais de nouveaux marchés. Il existe de nombreux athlètes capables par leur hygiène de vie, leur charisme, leur culture, leur dévouement, de porter tout en haut les couleurs d'un entrepreneur lucide et éclairé. Pour de nouvelles marques ou celles qui ont aussi besoin de confirmation, l'aubaine est trop belle. Le public aime les champions et tout ce qui adhère de près ou de loin à leur parcours. 

 

 

 Thomas Beamonte

 

contact : sportresourcesandco@gmail.com

 

 

 

 

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