AFRICA

Kingdom of Morocco : la situation de la production agricole donne des sueurs froides au chef du gouvernement actuel Saâdeddine El Otmani. Étant donné une pluviométrie en déficit, les résultats de l'année 2018 s'avèrent décevants. La campagne céréalière a reculé de près de 6% d'une année sur l'autre. Selon le Haut-commissariat au plan, la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) reste malgré tout positive pour les années 2019 et 2020. Bien que 2018 marque donc un sérieux recul de la croissance à tout juste 3% contre 4,3% en 2017, la hausse prévisible de la consommation des ménages et un retour graduel des investissements pourraient permettre au royaume de retrouver des niveaux de croissance digne de son rang. Alors que le roi Mohammed VI fête les vingt ans de l'accession au trône en cette année, son appel à "célébrer de manière normale l'heureuse occasion" montre que le régime en place est tout à fait conscient du chemin qui reste à parcourir afin de permettre au Maroc de devenir l'une des puissances phares du continent.

Arab Republic of Egypt : c'est une bonne nouvelle pour le gouvernement dirigé par le premier ministre Mostafa Madbouli (nommé le 7 juin 2018) à l'entame du second semestre 2019 puisque l'Egypte entrevoit la capacité d'autosuffisance sur sa production gazière. Alors que la capitale Le Caire était en proie aux doutes de la population avec les douloureuses réformes économiques et un mécontentement grandissant, ce sont les chiffres de l'exploitation de son gisement offshore de Zohr revus à la hausse qui offrent de bonnes raisons de croire que les investissements entrepris vont enfin apporter des bénéfices indispensables pour continuer les réformes. 

Federal Republic of Nigeria : le président sortant Muhammadu Buhari, 76 ans, a été réélu pour un second mandat de quatre ans à la tête du Nigéria après sa victoire aux élections fin février 2019. Son parti le Congrès des progressistes (All Progressives Congress ou APC) fait même coup double en remportant les élections législatives et sénatoriales avec 55,6% des suffrages exprimés devançant largement son adversaire direct le Parti démocratique populaire d'Atiku Abubakar. Cette victoire n'est pas sans risque tant le pouvoir en place dans la capitale Abuja devra faire face à de nombreux défis comme les questions économiques pour relancer l'emploi, développer l'agriculture ou bien encore l'éducation. La plus grande ville nigeriane et de tout le continent africain, Lagos (22 millions d'habitants) attend beaucoup après un nouveau rebond économique alors que la baisse des recettes pétrolières et l'accroissement du déficit budgétaire sont toujours à l'ordre du jour. Tandis que la population du pays devrait passer à 208 millions en 2020, et 270 millions en 2030, de nouveaux problèmes quant à l’offre en logements, en nourriture, et un secteur de l’emploi moribond font craindre des conséquences dramatiques pour la première puissance africaine.

Republic of Côte d'Ivoire : l'exécutif ivoirien poursuit ses efforts pour améliorer les dépenses publiques. D'une décision fondamentale, le budget de l'État à compter de 2020 ne sera plus annuel mais triennal. Même-si le pays reste sensible aux variations des cours de cacao et du pétrole principalement, les perspectives économiques demeurent favorables. Avec une croissance du PIB réel de 7% en 2019 et de 6,8% en 2020 selon la Banque mondiale (The World Bank), c'est le secteur agricole qui permettra sûrement de maintenir l'inflation en dessous du seuil de convergence de 3% pour l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En effet, de la performance de ce secteur dépendra aussi la stabilisation du déficit de la balance courante à 3,1% en 2019 données corrigées au premier semestre et cela malgré des importations soutenues de biens d'équipements liés à des projets d'infrastructure indispensables pour maintenir la Côte d'Ivoire sur la voie d'un redressement significatif et durable.  

Republic of Senegal : deuxième économie de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et quatrième de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Sénégal bénéficie d’une stabilité politique avec une démocratie consolidée par deux alternances pacifiques en 2000 et en 2012. L’économie sénégalaise repose sur l’agriculture, la pêche (10% des recettes d’exportation), les services, les communications et le tourisme (premier pourvoyeur de devises, sources les échos). N’étant pas grand exportateur minier, le pays n’a pas bénéficié du boom économique de l’Afrique entre 2001 et 2012 quand les PIB des pays de la sous-région de la région se sont accrus de 5% en moyenne. Sur cette période,le taux de croissance moyen du Sénégal a évolué plus près de la moyenne des 4%. Dès son élection en mars 2012, le président Macky Sall s’est engagé à mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour conduire le Sénégal vers l’émergence du pays à l’horizon 2035. Cette vision à long terme a été reconduite à l'occasion des élections présidentielles de février 2019 avec 58% des suffrages exprimés et cela dès le premier tour. Enfin, le pays compte beaucoup sur le démarrage de l'exploitation de ses ressources pétrolières en 2021. L'économie sénégalaise va donc continuer sa mutation amorcée depuis 2014 avec la mise en place du Plan Sénégal Emergent.

Republic of Cameroon : si le pays a réussi une excellente opération après son émission le 19 juin dernier de bons du Trésor assimilables de 20 milliards de francs CFA (1 euro équivaut à 656 XOF - Franc CFA UEMOA au 10 juillet 2019) sur le marché régional, le Cameroun reste en proie à des difficultés budgétaires persistantes. Cependant l'année 2019 semble marquer un tournant avec la croissance prévue autour des possibles 5% grâce en particulier à la montée en puissance de la production de gaz naturel liquifié (GNL) à l'unité flottante de Hilli Episeyo sous pavillon norvégien propriétaire du méthanier transformé à cette occasion mouillant au large de Kribi. Cette prouesse technologique vient à point nommé pallier au déclin progressif de la production de pétrole brut consécutif à une chute des investissements locaux. L'extention du port en eau profonde de Kribi ou la construction du barrage de Nachtigal apporte un certain soulagement sur le front des projets trop souvent décrié. Malgré un secteur agricole plein de promesses basé sur le café et le cacao, l'instabilité politique laisse les entreprises et les consommateurs dans l'appréhension.

Democratic Republic of the Congo : le troisième forum mondial du numérique Congo TechDays se tiendra du 15 au 16 mai 2020 au Pullman Lubumbashi Grand Karavia Hôtel au Sud du pays. Les grands enjeux de développement en Afrique seront abordés : nouvelles technologies pour la croissance des entreprises, secteurs porteurs dans les cinq prochaines années, Big Data, objets connectés, intelligence artificielle, e-commerce, ainsi que les nouvelles technologies pour les thématiques de santé, d’éducation, d’agriculture, d’environnement, d’entrepreneuriat, d’urbanisme et d’architecture. Ce rendez-vous capital aborde la transformation numérique en Afrique l'un des plus vastes objectifs économiques du XXIème siècle au niveau du continent.

Republic of Ghana : membre actif de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Ghana et sa puissante capitale Accra demeure le deuxième moteur de la CEDEAO derrière le Nigéria et ne manque pas d'atouts en conservant sa deuxième place continentale de producteur d'or pour un total équivalant à 5,45 milliards d'euros exporté en 2018. Avec le cacao (deuxième production mondiale) et les hydrocarbures, le Ghana complète à merveille ses capacités de dividendes au point d'être recommandé par la Banque mondiale comme valeur sûre pour les investisseurs avec plus de 8% de croissance prévue chaque année jusqu'en 2021. Mieux encore, le pays est cité en exemple comme l'un des marchés les plus florissants du mobile money en Afrique. Conséquence logique de tant de louanges, la capitale vient d'être choisie pour abriter le futur siège du secrétariat permanent de la zone de libre-échange continentale (ZLEC). Un autre virage a été entrepris par ce pays d'origine anglophone qui se tourne volontiers à présent vers la francophonie. C'est donc tout naturellement que le président Nana Akuffo-Addo, membre du Nouveau Parti patriotique et à la tête du Ghana depuis le 7 janvier 2017, s'est rendu en France le 9 juillet 2019 pour échanger avec son homologue français Emmanuel Macron dans le cadre d'un forum économique France-Ghana. Quatre cents personnes issues des diasporas africaines étaient conviées à participer sur un programme ambitieux. En effet, le Ghana veut devenir le laboratoire africain de l'industrialisation. A travers ce dessein historique, le président Nana Akuffo-Addo plaide pour que l'Afrique cesse de "mendier l'aide des pays riches". Le ton est donné.

Republic of South Africa (RSA) : si les élections générales sud-africaines, qui se sont tenues le 8 mai dernier, permettent de dégager une ligne claire avec la confirmation au pouvoir du parti leader le Congrès national africain (African National Congress - ANC) et la reconduction à la présidence du pays le 22 mai 2019 de son chef Cyril Ramaphosa, il en est tout autre de l'état actuel du pays. Bien que l'ANC remporte la majorité absolue devant l'Alliance démocratique de Mmusi Maimane, le deuxième mandat de Cyril Ramaphosa s'annonce d'ores et déjà mouvementé. Le climat dans lequel s'est déroulé le scrutin préfigure des futures échéances. Les électeurs sud-africains l'ont répété maintes fois, ils veulent du travail pour commencer. Dans un pays en panne de croissance, une telle demande ne sera pas sans créer des déçus à l'arrivée. Bien que l'Afrique du Sud dispose d'une industrie, d'infrastructures et de moyens financiers inédits sur la scène continentale, la capitale administrative Prétoria ne pourra pas faire autrement que de tenter de sortir drastiquement d'une longue période atone qui a saignée toute l'économie locale depuis la crise financière mondiale de 2008. Sur fond de chômage de masse 28% au terme du second trimestre 2019 selon le plus grand quotidien local Daily Sun, d'une monnaie le rand dévaluée (1 rand = 0,064 euro au 11 juillet 2019) et un endettement croissant, le nouveau gouvernement devra faire preuve d'une grande témérité afin de déjouer les scénarios créditant le pays de lendemains compliqués. 

Republic of Madagascar : la large victoire de la plateforme Isika rehetra miaraka amin'i Andry Rajoelina (IRD) avec 84 députés élus sur un total de 151 lors des élections législatives du 27 mai 2019 va permettre au nouveau président de la République malgache d'asseoir un peu plus son pouvoir. Élu le 18 janvier 2019, Andry Rajoelina (45 ans) poursuit son retour au sommet avec des méthodes très occidentales de communication et de finances. Même-si le chemin reste long avec la nomination prochaine d'un autre premier ministre et l'urgence de trouver des solutions économiques radicales, Madagascar pourrait enfin connaître un repit salutaire. La cinquième île au monde par sa superficie (587 295 km2) continue plus que jamais à attiser les convoitises internationales tant le pays regorge de ressources à forte valeur ajoutée et d'une réserve de biosphère unique. En dépit de prix pétroliers sous tension, la capitale Tananarive peut se réjouir de perspectives en nette amélioration sur le plan déjà des exportations soutenues par la vanille et les rendements miniers et une croissance attendue pour 2019 de l'ordre de 5 à 6% selon le Fonds monétaire international (FMI). Une stabilité politique en devenir conjuguée à une inflation bien mieux maîtrisée donnent des raisons d'être optimiste côté investisseurs.   

 

 

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