PERSIAN WAY

 

TOURISM IRAN :  rastin-tours.pdf

 Rastin Tours, one of the pioneers of tourism industry in Iran

 

VOYAGE EN IRAN : aux portes des souvenirs

par Jean-Pierre Arrignon, professeur des Universités 

Profitant des élections présidentielles américaines qui neutralisaient les relations internationales, alors particulièrement tendues en particulier entre l’Iran et Israël, nous décidâmes d’emmener un groupe d’une douzaine de Français de nos amis, à la découverte tout à la fois d’un pays, d’une culture et d’une civilisation.

Dès l’aéroport de Téhéran, nous fûmes surpris de voir combien l’accueil était chaleureux ; chacun s’efforçant d’accélérer les longues formalités de saisies des empreintes. Puis ce fut la découverte d’un pays plus grand et plus peuplé que la France. Dès nos premiers contacts avec les habitants, nous sommes frappés par le sentiment de grande fierté qui les anime. Les Iraniens se sentent en effet porteurs d’une civilisation ; ils nous ont martelé qu’ils étaient perses et pas arabes, comprenant difficilement que nombre d’Occidentaux les confondait ; cette fierté ne les pousse aucunement à se replier sur eux-mêmes, bien au contraire ; ils cherchent le contact ; ils aspirent au dialogue ; en un mot, ils cherchent à comprendre pourquoi, souvent nous les rejetons ! Qu’est-ce que nous vous avons fait pour être ainsi mis au banc de l’Europe ! Alors le débat s’engage autour de l’enrichissement de l’uranium et de leur Président aux propos virulents ; Il est intéressant de noter que sur le premier point, ils estiment avoir le droit à la science et même à la bombe atomique ! « Qu’avez-vous dit à la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Afrique du Sud, la Corée du Nord et que dire de vos silences concernant Israël !! » « Pourquoi vous nous traitez en paria, en humains de sous catégorie, nous les Perses qui vous avons donné les meilleurs mathématiciens du Moyen Âge ! vous trouvez cela cohérent ! » Quant à la question de leur Président et de ses propos, ils nous rappellent volontiers que nous ignorons largement le fonctionnement complexe de leurs institutions et que l’Iran, sur ce point, n’est ni la France, ni les tas Unis, des monarchies présidentielles ! 

Toujours à la découverte du pays, nous sommes frappés d’abord par l’entrée dans les villes, ensuite par les effets de l’inflation enfin par une évolution vers la laïcisation de la société. En effet, nous ne mesurerions pas la tragédie que fut la guerre Iran-Irak et le nombre de victimes que cette guerre avait fait. Il faut voir la longue procession des tulipes portant le visage d’un jeune homme tué à la guerre à l’entrée dans chaque ville pour comprendre combien la paix est précieuse et que l’expérience de la guerre, ils l’ont eue récemment. Les Iraniens ne sont pas portés par une idéologie belliciste.

Le second point qui nous a frappé c’est bien sûr les effets des sanctions imposées par la communauté internationale. L’inflation est élevée et le marché souffre terriblement ; les bazars traversent des temps difficiles. Les achats doivent passer par des relais bancaires situés dans les émirats du golfe ! Les hôtels sont quasi vides de touristes et sur les sites majeurs, comme Persépolis, nous ne rencontrons que quelques étudiants. La crainte engendrée par les sanctions isolent le pays et sa culture, appauvrit la population et contribue à créer des ressentiments à l’égard d’un Occident perçu comme arrogant et dominateur !

Le troisième point à évoquer peut sembler étonnant, mais il me semble que le pays se détache lentement, du moins dans les villes, des rigidités de sa foi musulmane pour aller vers une forme de laïcité. Tout un faisceau d’indices nous a paru intéressant. D’abord la fréquentation des mosquées est extrêmement faible au point que l’on ne nous demande plus d’ôter nos chaussures si l’on ne va pas dans l’espace de prière, c'est-à-dire celui où se trouve une ou deux rangées de tapis !! Ce désintérêt pour la pratique religieuse nous a été confirmé par des imams ! Un autre point est intéressant à noter, le rôle des femmes dans la société. Ici en Iran, on ne porte pas le niqab, le voile intégral, mais un voile sur la tête porté d’ailleurs par les jeunes filles avec beaucoup d’élégance sur un abondant chignon qui permet de libérer le visage. Surtout les femmes sont parfaitement intégrées dans la vie économique du pays ; elles conduisent ; elles occupent des postes à responsabilité ; elles forment la partie la plus cultivée de la population ; aussi, elles cherchent de plus en plus à se libérer et le nombre de divorces demandés par les femmes est exponentiel, au point que cela devient un problème de société  ! Ainsi , bien que repliée sur elle-même, la société iranienne se transforme comme il est aisé de le voir avec la réapparition des couleurs pour les vêtements féminins.

Un voyage comme le nôtre avait bien sûr fondamentalement une dimension culturelle forte. Les Iraniens d’aujourd’hui se considèrent d’abord comme les héritiers des Perses dont les apports culturels à la civilisation sont équivalents à ceux des Grecs. Il est toujours surprenant d’apprendre à Persépolis que les Grecs n’étaient que des barbares en regard de la civilisation des Achéménides ! De même nous avons pu comprendre combien cette terre était porteuse d’héritage, depuis le rouleau de Darius libérant les peuples esclaves de Babylone, jusqu’aux sources du zoroastrisme et de son respect profond des quatre éléments et du mysticisme chrétien et musulman hésychaste et soufi. Il faut se laisser imprégner de cet héritage pour comprendre la fierté de ce peuple qui n’a pas rejeter le passé mais fait de ce dernier la raison de son avenir. Combien nous fûmes fiers quand lisant sur sa tombe un poème de Saadi, nous fûmes entourés par des jeunes qui le reprirent en farsi. Heureux de partager une même culture !

Nous fûmes aussi surpris de voir combien la foi chrétienne des Arméniens est tolérée et vivante. Point de garde devant l’opulente cathédrale ; chacun peut y entrer et prier. Tous ces éléments nous ont permis de réfléchir sur le Shi’isme qui se différencie du sunnisme par une vision historique. C’esty précisément cette dimension historique contenue dans le shi’isme duodécimain qui permet au shi’isme d’avoir une vrai modernité sociétal, mais pour cela, il faut que le shi’isme se libère et retrouve sa dimension d’avenir. Ce n’est pas en l’isolant que le monde aidera ce peuple attachant et cultivé à continuer sa route déjà longue depuis les achéménides.

 

POLO :  à la découverte d'une noblesse sportive 

par Thomas Beamonte 

Entre tradition et élitisme, ce sport mérite une attention toute particulière. Quand l'homme et le cheval s'associent pour jouer ensemble quoi de plus extraordinaire dans cette communion des sens que la beauté d'un effort commun. Du "chaugan" (maillet en langue perse) à la coupe du monde de polo (compétition créée en 1987), le polo a conquit des continents tels que l'Asie et l'Amérique du Sud avec un prestige inégalable en matière d'élégance. Alors que certains médias dédaignent de mettre en valeur cette culture physique hippique, d'autres s'enthousiasment en suivant les exploits de leur équipe fétiche. C'est donc pour réparer un manque de popularité du polo notamment en France (où se trouve le siège de la fédération internationale) et en Iran (berceau de ce sport collectif sous le règne de Darius III Codoman roi de Perse) que je vous propose de partir à Ispahan à la rencontre d'une des sources de ce patrimoine culturel inestimable.

Plusieurs projets ont ainsi vu le jour pour tenter de jouer au polo dans le quartier historique Naqsh-e Jahan Square et réhabiliter le plus vieux terrain du monde construit sur une place emblématique en plein cœur de l'ancienne capitale perse. L'endroit connu aussi sous le nom d'Imam Square construit entre 1598 et 1629 est un site historique très important devenu patrimoine mondial de l'humanité. Entre la mosquée du Shah, les joyaux architecturaux de la période safavide et le plus grand bazar du Moyen Orient, il y a de quoi se prendre à rêver et se lancer à bride abattue pour rattraper au vol la balle en bois de 8,5 cm de diamètre parfois surnommée "Pulu". Si vous avez donc bien suivi les explications, pratiquer ou regarder un match de polo est le prétexte parfait pour s'aventurer sur les plus beaux sites touristiques. Et pourquoi ne pas pousser l'idée de monter à cheval afin de rallier les rives du Zayandeh rud qui irrigue Ispahan, en tout cas quel que soit le choix de la monture cela ne manquera pas d'allure d'entreprendre un tel voyage à travers la Perse d'hier et d'aujourd'hui.

 

 

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